HM Advisory — Associé Fondateur

Hugo
Martinez

Associé Fondateur  |  Commissaire aux comptes

Fort d'une expertise pluridisciplinaire en finance, droit et data, Hugo Martinez accompagne entreprises et directions juridiques dans leurs missions les plus exigeantes — de l'audit légal au chiffrage de préjudices complexes, en passant par l'analyse quantitative avancée.

Fondateur de HM Advisory, il intervient comme expert financier auprès des juridictions et des comités exécutifs, avec une approche qui allie rigueur méthodologique et maîtrise des outils innovants.

Commissaire aux comptes Expert financier Évaluation de préjudices Data & NLP
Nos services
Hugo Martinez
10+ ans d'expertise
Nos Services

Une expertise au carrefour
de la finance, du droit et de la data

HM Advisory intervient sur quatre grands domaines d'expertise, chacun porté par une méthodologie rigoureuse et des outils adaptés aux enjeux contemporains.

01

Audit & Commissariat aux comptes

Missions légales et contractuelles

HM Advisory assure des missions de commissariat aux comptes auprès de sociétés de toutes tailles, en garantissant l'indépendance, la fiabilité et la conformité réglementaire des états financiers.

  • Certification légale des comptes annuels et consolidés
  • Audit contractuel et due diligence financière
  • Commissariat aux apports et à la fusion
  • Révision des procédures et contrôle interne
  • Accompagnement lors de levées de fonds et opérations de haut de bilan
02

Expertise financière

Évaluation, valorisation & chiffrage

Nos experts financiers interviennent sur des missions d'évaluation complexes, de chiffrage de préjudices et de modélisation financière, à destination des entreprises, avocats et juridictions.

  • Évaluation d'entreprises et d'actifs incorporels
  • Chiffrage de préjudices économiques et financiers
  • Modélisation de scénarios contrefactuels
  • Analyse de la marge sur coûts variables
  • Rapports d'expertise financière et amiable
03

Litige / Dispute

Appui aux contentieux & expertise réputationnelle

Litige & Dispute

Appui aux contentieux financiers

HM Advisory accompagne avocats, entreprises et juridictions dans le cadre de litiges nécessitant une analyse financière indépendante et rigoureuse.

  • Rapport d'expert financier (désignation par le tribunal)
  • Expertise amiable contradictoire
  • Chiffrage de préjudices commerciaux et contractuels
  • Analyse des responsabilités financières
  • Appui à la négociation et médiation chiffrée
Spécialité

Préjudice Réputationnel

La réputation constitue un actif stratégique dont l'atteinte génère un préjudice chiffrable, à la croisée du préjudice moral et du préjudice matériel.

Notre démarche s'articule en quatre temps :

  • 1Caractérisation — construction d'un faisceau d'indices (bruit médiatique, NLP, cours de bourse, sondages)
  • 2Délimitation temporelle — point de départ financier, effets rémanents, actualisation des flux futurs
  • 3Chiffrage différentiel — scénario réel vs. contrefactuel, marge sur coûts variables, PR Value
  • 4Rapport d'expertise — distinctions pertes subies / gains manqués, paramètres financiers documentés

Exemples traités : Dieselgate, Orpéa → Emeis, Perrier (–40 % en 10 ans).

04

Data — Business Intelligence

Transformation digitale des fonctions finance & gouvernance de la data

HM Advisory accompagne les directions financières dans leur transformation digitale, de la mise en place d'outils de visualisation jusqu'à l'audit de la gouvernance des données.

Data Visualisation

Accompagnement des fonctions finance dans la transformation digitale avec la conception et la mise en place d'outils de Data Visualisation (tableaux de bord, reporting interactif, Power BI).

Gouvernance de la Data

Revue et audit stratégique de la data gouvernance : qualité des données, cartographie des flux, conformité et fiabilité des référentiels utilisés par les équipes finance et contrôle de gestion.

Offres & Tarifs

Une intervention adaptée
à chaque dossier

Chaque mission est construite sur-mesure. Nos honoraires sont établis au cas par cas, en toute transparence, après un premier échange.

Entrée
Note de diagnostic
Première analyse et identification des pistes d'intervention.
  • Analyse du contexte et des faits
  • Identification des postes clés
  • Note d'orientation méthodologique
  • Entretien de restitution (1h)
Sur-mesure
Accompagnement stratégique
Appui continu pour directions juridiques et financières.
  • Retainer mensuel flexible
  • Veille et alertes sectorielles
  • Appui aux négociations et litiges
  • Formation des équipes internes

Premier échange sans engagement — devis personnalisé établi sous 48h.

Publications

Articles & Expertises

Réflexions et méthodologies sur les préjudices financiers complexes.

Expertise financière · Litige

Assessing Corporate Reputation Damage: A Methodological Approach

A framework for financial experts to quantify corporate reputation damage — from crisis phases and characterization of prejudice, to counterfactual scenarios and modern tools (Reptrak, text mining, PR Value).

Hugo Martinez
Analyse · Risque financier & réputationnel

Désinformation : ce que coûte réellement le faux à votre entreprise

Faux avis, deepfakes, manipulation de cours, contrefaçons : l'étude inédite de Sopra Steria chiffre à 393 milliards de dollars les pertes financières directes infligées aux entreprises par la désinformation en 2024.

Hugo Martinez · Avril 2026
Audit & Conformité · Commissariat aux comptes

Impossibilité de générer un FEC : quelles conséquences pour le commissaire aux comptes ?

Filiales de groupes étrangers, logiciels imposés, FEC non conformes : analyse des risques fiscaux et des impacts sur la mission de certification, à la lumière de la note CNCC d'avril 2026.

Hugo Martinez · Avril 2026

Contrôle interne, fraude & évaluation de préjudice

5 articles pour comprendre l'importance du contrôle interne, le rôle du commissaire aux comptes dans son évaluation, le lien avec la fraude et la mission de l'expert financier.

Série · Contrôle interne, fraude & évaluation de préjudice
1
Le contrôle interne, pourquoi il concerne tous les dirigeants
Gouvernance · Article 1 / 5
2
Faire tester son contrôle interne par un commissaire aux comptes
Audit · Article 2 / 5
3
Contrôle interne défaillant : la porte ouverte à la fraude
Fraude · Article 3 / 5
4
Suspicion de fraude : le rôle de l'expert financier dans l'évaluation du préjudice
Expertise · Article 4 / 5
5
Renforcer son contrôle interne : 5 actions concrètes pour les dirigeants
Pratique · Article 5 / 5

L'évaluation du préjudice

19 articles de fond sur l'évaluation des préjudices économiques, corporels et contractuels — méthodologies d'expert et cadre juridique.

Série 1 — Évaluation des préjudices économiques
1
Réparation intégrale du préjudice : principes directeurs et limites pratiques
Accroche · Article 1 / 20
2
Approche analytique vs. approche différentielle : quelle méthode pour quel préjudice ?
Technique · Article 2 / 20
3
Actualisation, coûts évitables et fiscalité : les pièges récurrents de l'évaluation
Technique · Article 3 / 20
4
Préjudices refinancés et destruction d'actifs corporels : cas pratiques commentés
Cas pratique · Article 4 / 20
Série 2 — Expertise pénale comptable et financière
5
L'expert-comptable au pénal : un cadre procédural que tout avocat doit maîtriser
Accroche · Article 5 / 20
6
Scellés, accès au dossier et secret : les règles du jeu de l'expertise pénale
Technique · Article 6 / 20
7
Méthodologie d'investigation comptable : détecter les détournements et la fraude
Technique · Article 7 / 20
Série 3 — Préjudice corporel (nomenclature Dintilhac)
9
Nomenclature Dintilhac : pourquoi l'expert-comptable est devenu incontournable
Accroche · Article 9 / 20
10
Perte de gains professionnels futurs : méthodes de calcul et écueils à éviter
Technique · Article 10 / 20
11
Victime directe et victime indirecte : deux logiques d'évaluation distinctes
Technique · Article 11 / 20
12
Capitalisation et actualisation en dommage corporel : maîtriser les outils financiers
Cas pratique · Article 12 / 20
Série 4 — Perte de chance : concept et méthodes
13
Perte de chance : qualification juridique et conditions de réparabilité
Accroche · Article 13 / 20
14
Évaluer la probabilité d'occurrence : de l'intuition judiciaire à la méthode quantitative
Technique · Article 14 / 20
15
Perte de chance en matière commerciale : cessions, franchise et information précontractuelle
Technique · Article 15 / 20
16
Trois cas concrets de valorisation de la perte de chance : méthode pas à pas
Cas pratique · Article 16 / 20
Série 5 — Clauses de garantie d'actif et de passif
17
Garantie d'actif et de passif : anatomie d'un contentieux récurrent en M&A
Accroche · Article 17 / 20
18
L'expert face aux clauses de GAP : méthodologie d'analyse du contrat et du litige
Technique · Article 18 / 20
19
Stabilité des méthodes comptables dans les GAP : un terrain miné pour les parties
Technique · Article 19 / 20
20
Du protocole au contentieux : mission d'expertise GAP commentée de bout en bout
Cas pratique · Article 20 / 20

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Assessing Corporate Reputation Damage: A Methodological Approach

Introduction

« It takes 20 years to build a reputation and five minutes to destroy it. »

— Warren Buffett, CEO of Berkshire Hathaway

With this accurate sentence, Warren Buffett describes the importance for companies to preserve their reputation, which is part of a broader concept: the corporate image, which can also be assimilated to corporate reputation. Both terminologies can be used and will be in this article.

Dowling specifies that « reputation corresponds to the values attributed (such as authenticity, honesty, responsibility and integrity) to a company by an individual from the moment the company's image is stated ».2

A company's image is therefore a reflection of what it exudes and how its market perceives it — not only its customers, but also its suppliers, its employees, and those who support the company. A company could thus be perceived positively as being innovative (e.g. Apple), eco-responsible (e.g. Danone) or the symbol of a social brand (e.g. German car brands). On the other hand, the perception could be negative, as in the case of groups operating in the oil or tobacco sectors.

Image can be positive or negative. Depending on this perception, the company will be able to sell its products at a better price or in greater quantity. Taking the automotive industry as an example, the Audi brand enjoys a very positive image and is a strong social marker. As such, it can charge higher prices than its competitors. For the same features, an Audi car will be sold at a higher price than a Peugeot.

As such, corporate image — like reputation — qualifies as an intangible asset. It does not appear on traditional balance sheets but plays a vital role in value creation. Its worth lies in its ability to drive future cash flows, differentiate the company in competitive markets, and foster stakeholder trust.

Image is the sum of the values conveyed by a company, making it an essential vector of communication. However, an event, whether wrongful or not, can damage this image and, consequently, disrupt the company's ability to communicate effectively.

The company's reputation has become such an important matter that monitoring it is now an integral part of overall risk management.3 This is easy to understand when you consider that when a company's way of communicating with its market is hampered, it can have a direct impact on its business, leading to a drop in sales — but not only.

For example, the Volkswagen emissions scandal severely disrupted the company's ability to communicate as a trustworthy and environmentally responsible brand, resulting in lost sales, legal penalties, and reputational repair costs. Similarly, in the Perrier benzene contamination case — further developed below — the disruption to its image as a premium bottled water brand caused a temporary market withdrawal, leading to substantial financial losses.

Such events can harm various stakeholders4: shareholders (through lost equity value), employees (job losses due to lower business activity), and customers (decreased trust and satisfaction). For financial experts, the goal is to assess the compensable damage caused by image harm to these stakeholders.

It then becomes mandatory to rebuild this image in order to restore its communication potential, and this involves substantial investment. But is this mandatory process a prejudice? In this case the event would have to be proven as wrongful — that is the lawyer's part. Then, what about the damage? How to evaluate a damage coming from a reputation loss? That is the financial expert's role. Finally, a causal link between these elements must be demonstrated.

However, if there is a fault (the event), a loss (loss of business, additional costs) and a causal link between these elements, then yes — there is a prejudice for the company, which we will describe as a corporate reputation damage.

The purpose of this article is to propose a framework to rationalize and objectify the quantification of financial losses caused by corporate image damage. Rather than prescribing a one-size-fits-all approach, the framework seeks to offer principles and tools to objectively evaluate damages in these complex scenarios.

To understand this method, we will first review what a corporate reputation damage crisis is, then the overall approach to be adopted by the financial expert. We will then study the loss quantification method, before reviewing the tools available to the Expert.

I/ Description of a Corporate Reputation Damage Crisis

A corporate reputation damage crisis can be broken down into two phases of interest to the financial expert: the crisis phase and the reconstruction phase.

A. Crisis, Shock and Damage Control

A reputation crisis manifests itself as an event or series of actions that damage the perception of the company by its supporters, resulting in negative economic impacts. This period is marked by an initial shock, followed by measures to limit the damage. The crisis is often triggered by a scandal, public controversy or media incident.

Case Study

Perrier — The Benzene Contamination (1990)

In 1990, the Perrier brand enjoyed growth of over 20%, particularly in the United States. Then one event put an end to this rise: benzene was found at abnormally high levels in Perrier bottles. The brand had built part of its success on the image of purity of its water5 — and benzene is a hydrocarbon gas. So it's easy to see why traces of benzene in a water with an image of purity represent a real problem for the brand, even if the traces found were absolutely harmless.

Perrier reacted swiftly, recalling a considerable number of bottles and incurring considerable communication costs. Yet the damage was done: while one billion bottles were sold in 1988, only 600,000 were recorded in 1998 — ten years later. The one billion mark was not reached again until 2015. The brand lost a quarter of a century.

In the crisis phase, there are many issues at stake for the company: restoring credibility, regaining immediate consumer confidence, and avoiding loss of sales. To minimize damage, the company needs to react quickly by implementing structured crisis management. The costs associated with this period are numerous:

These costs, as we shall see later, are part of a compensable loss.

B. The Long Haul: Reconstruction

The image reconstruction phase takes place once the peak of the crisis has passed. It is a long-term process that involves redefining and restoring the company's image through structured, long-term actions. As Warren Buffett's quote reminds us, the company once again starts a long period during which investments will be needed to rebuild what has been destroyed or damaged.

This reconstruction may involve an intensive media plan, a change of logo or even a change of name in cases where the association with the event is too strong. This strategy is common to all companies that have suffered these crises. In France, for example:

During the reconstruction period, additional costs should not be forgotten, including human resources costs (an image crisis can affect employee morale and make it difficult to recruit new talents), and cost of debt (banks and investors may perceive the company as a higher risk, thereby increasing the cost of borrowing).

II/ The Financial Expert's Approach: Characterization of the Prejudice

The financial expert's context is as follows: a company has suffered damage to its reputation and is seeking compensation for this damage. In many cases, compensation will be sought through the courts, from the legal or natural person who caused the damage. The financial expert, tasked with establishing the quantum of the damage, must adopt an audit approach to understand the company's context, and then focus on building up a body of evidence to characterize the damage.

A. An Audit Approach

The Financial Expert follows a detailed audit approach based on an in-depth understanding of the company's internal and external environment. It's not just a question of analysing financial performance, but of understanding all the dynamics underlying brand perception and the company's responses to crisis events.

The audit process begins with a contextual analysis that explores the company's history, sector of activity, core values and strategic focus. The Expert's objective is to set a quantum that enables full compensation to be paid to the victim company, all other things being equal — the Expert must not allow the company to "enrich itself" because of the compensation.

Key principle: Imagine a company suffering image harm whose sales have been declining over the last three years. The Expert must take this negative trend into account to establish which part of the lost profit relates to the harm, and which to the downward trend previously observed.

Next, the Expert deploys structured questionnaires and targeted interviews with key stakeholders, including managers, employees, and sometimes even customers or partners — essentially, the company's market, the very people with whom it can no longer communicate.

B. A Clustering Method

Characterizing the damage is the central point of an image damage assessment report. The Expert must be careful not to confuse quantification with characterization of the loss:

Concept Definition Purpose
Characterization Demonstrating that the loss exists Get the Court to admit the harm is real
Quantification Indicating the amount that enables the victim to return to status quo ante Establish the financial quantum of the damage

Among the financial elements available to characterize damage:

III/ Calculating Corporate Reputation Damage

While damage to reputation requires a specific methodology — notably with the need to characterize the damage — the quantification itself is of a classic nature. The Expert will endeavour to evaluate the gains lost (lucrum cessans) and/or the losses suffered (damnum emergens). There are immediate costs of damage and costs of rebuilding the reputation.

A. Immediate Costs of Damage and Loss of Revenues

The immediate costs of damage are those that arise in the first part of this chronology: the crisis phase. These include legal, litigation and communication costs, which can be grouped in a "litigation costs package". Financial expert fees would also be included in this package.

Next come costs that are more difficult to measure — notably those linked to the mobilization of top management. A real image crisis is likely to mobilize a company's highest hierarchical level. Subject to solid argumentation and tangible evidence, the Expert may consider that these are "non-amortized costs"10 corresponding to the allocation of part of the company's resources to work unrelated to its operating process.

Employees (not from Management) are also company stakeholders. Several listed companies have recently introduced indicators to measure employees' perception of the company's image. Employees who don't have a good image of their company are more likely to leave — and if they leave, they must be replaced, at cost. The Expert could, for example, compare the evolution of salaries offered before and after the crisis to highlight an increase demonstrating the company's efforts to restore its attractiveness.

For investors, an image crisis is likely to erode support, translating into higher financing costs. The Expert could compare the cost of credit before and after the damage: the difference, all other things being equal, would be the result of the harmful event.

Then there's the question of lost profits. Damage to image can result in customers being less attracted to the company's products. The costs and profit loss described above are directly linked to the crisis and can be detected very quickly after the prejudice has occurred, which is why they are classified as "immediate costs" — though they will last for a long time, probably until the company manages to restore its reputation.

B. Investments to Restore Reputation

The costs of rebuilding a company's image are sometimes out of sync with the period of crisis — the company may be unable to communicate effectively during peak crisis, delaying restoration investments. These costs include:

Critical principle — the differential approach: The Expert must never depart from the differential approach between actual and counterfactual scenarios. A logo change is a classic event in the lifetime of a company. Consequently, only the cost differential triggered by the damage will be included in the calculation — not costs that were already planned.

Experience has shown that, following an image loss, the company no longer communicates solely on its products but also on its values, since these have been attacked by the loss. As a result, the company incurs costs for a corporate campaign. After the "dieselgate" affair, the Volkswagen Group changed its slogan11 and launched a "corporate" advertising campaign presenting the Group's new strategy — featuring no products, so no commercial spin-offs were possible.

IV/ Tools Available to the Expert

The Expert in charge of assessing reputation damage has a wide range of tools at his disposal. Among these, we will examine the classic ones, as well as more recent tools from spheres beyond traditional finance.

A. Classic Tools — The Counterfactual Scenario

The construction of an actual and counterfactual scenario makes it possible to model the impact of the damage. The actual scenario corresponds to the company's financial performance including the damage, whereas the counterfactual scenario reflects the performance the company should have achieved in the absence of the said damage. The difference between the two corresponds to the damage, "all other things being equal".12

The Expert will have to decide on three key dates:

Illustrative Calculation Example

A company suffered reputation damage in March 2022. Crisis period: April–June 2022. Assessment date: December 2024.

Legal & communication costs (crisis phase) € 150,000
Lost profits on sales (April–June 2022) € 320,000
Increase in cost of debt (revolving credit 2% → 3%) € 45,000
Top Management mobilization (40% of time, 3 months) € 60,000
Restoration investments (marketing, corporate campaigns) € 280,000
HR costs increase (premium salaries, headhunters) € 85,000
Total damage (before capitalisation) € 940,000

Note: Figures are illustrative only. Under French law, past losses are capitalized to the judgment date to guarantee full compensation. The period July–December 2023 was excluded as damages could not be entirely linked to the prejudice.

B. The New Tools

The Reptrak model9 measures reputation based on seven indicators: product quality, innovation capacity, employee relations, ethical conduct, societal impact, leadership, and financial performance. From there, the Expert could use the model — comparing it before and after the loss — to understand which indicator has fallen and better target the costs incurred.

The Expert can also use the media equivalence method. The basic idea is to measure media noise and its general sentiment, then estimate how much this media coverage would cost at that tone. To rebuild the image, the company will have to spend at least the same amount on media to cancel the negative effects. Other "marketing" costs could also occur, such as changes to logos and colors.

Finally, the Expert could conduct sentiment analysis using text mining methods. Text mining refers to the process of analyzing and extracting meaningful information from large quantities of unstructured text. A sentiment analysis carried out using the TextBlob library14 evaluates:

Metric Description Use for the Expert
Polarity Degree of positivity/negativity of the text (−1 to +1) Detect negative shift in media coverage from the date of infringement
Subjectivity Degree of objectivity (0 = objective, 1 = subjective) Identify opinion-heavy coverage driving perception
Sentiment Overall tendency (positive vs. negative) Track recovery of brand sentiment over time

These tools can be used both for the characterization stage and for estimating the loss.

Conclusion

The crucial importance of a company's reputation and image in the modern business landscape is indisputable. Warren Buffett rightly points out that reputation, built up over time, can be destroyed in an instant. As an integral part of the broader concept of corporate image, reputation is of major strategic importance.

This issue is the responsibility of corporate governance, who must address it before any damage is done, with a reputation monitoring policy. It should also be noted that the rise of generative artificial intelligence is only reinforcing the reputational risk for companies, with the risk of "deepfakes" in particular.

Clearly, these types of damage are likely to multiply, and with them the question of damage assessment.

The aim of this methodological proposal is not to describe what needs to be done, but rather to propose a framework or toolbox for rationalizing and objectifying the quantification of financial loss in case of corporate reputation harm — which is currently more a matter of trying to obtain additional compensation than real compensation for the full damage suffered.

The growing importance of this subject means that financial Experts need to be trained in these matters and to apply a rigorous method, as they do for other types of damage.

References & Notes
  1. Warren Buffett, CEO of Berkshire Hathaway.
  2. Dowling, G.R (2002), Creating Corporate Reputations, Identity, Image, and Performance. Oxford University Press.
  3. PEREZ-CORNEJO, de QUEVEDO-PUENTE, DELGADO-GARCIA, How to manage corporate reputation? The effect of enterprise risk management systems and audit committees on corporate reputation, ScienceDirect
  4. N. Gatzert, The impact of corporate reputation and reputation damaging events on financial performance: Empirical evidence from the literature, European Management Journal, 12/2015, p485-499.
  5. Snégaroff, En 1990, Face au scandale, Perrier tente de transformer le vice en vertu, 23/09/2015.
  6. In Ireland and the UK, tests carried out on beef-based lasagne sold under the Findus brand revealed the presence of undeclared horsemeat.
  7. COLE Simon, What price reputation? 2019, AMO, Reputation Dividend, 20 pages.
  8. OpinionWay, Marketing and communication research, opinion-way.com
  9. ResearchGate, Application of Selected Facets of RepTrak™ Reputation Model, 01/01/2018.
  10. CHAGNY, BALLOT, LE TEUFF, LOEPER, PERONNET, Points clés relatifs à l'évaluation des préjudices économiques, CNECJ editions, March 2018, 110 pages.
  11. Volkswagen uses dieselgate to promote electric shift, 10/06/2019.
  12. CHAGNY, BALLOT, LE TEUFF, LOEPER, PERONNET, op. cit.
  13. TextBlob is a Python library for processing textual data.

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Désinformation : ce que coûte réellement le faux à votre entreprise

La désinformation n'est plus seulement un problème démocratique ou médiatique. C'est désormais un risque financier majeur pour les entreprises de toutes tailles. En mars 2026, Sopra Steria a publié la première étude globale quantifiant l'impact économique de la désinformation depuis les travaux de CHEQ/Baltimore de 2019. Le constat est alarmant : sur les 417 milliards de dollars de coût mondial estimé, plus de 94 % sont des coûts financiers directs qui touchent les entreprises.

Faux avis qui faussent la concurrence, deepfakes qui détournent des fonds, fausses nouvelles qui font plonger les cours, contrefacons alimentées par des informations trompeuses : les vecteurs d'attaque se sont multipliés et industrialisés. Pour les dirigeants, la question n'est plus de savoir si leur entreprise sera ciblée, mais quand.

393 Md$ Coûts financiers directs de la désinformation pour les entreprises en 2024 Scénario médian — soit 94 % du coût mondial total (417 Md$)
227 Md$
Faux avis en ligne : revenus e-commerce biaisés
CHEQ/Baltimore, WEF 2025
60 Md$
Pertes boursières imputables à la désinformation
CHEQ/Baltimore 2019
28 Md$
Contrefacons liées à la désinformation intentionnelle
OCDE 2025

Les faux avis : 227 milliards de dollars de marché faussé

C'est le poste le plus massif et le plus directement impactant pour les entreprises. Selon le Forum économique mondial, 89 % des revenus du e-commerce mondial sont influencés par les systèmes de notation en ligne. Or ces systèmes sont massivement manipulés. L'étude estime à 227 milliards de dollars les dépenses de consommation directement biaisées par des avis frauduleux en 2024, en actualisant les travaux de CHEQ et du professeur Roberto Cavazos (Université de Baltimore) au montant du e-commerce mondial actuel.

Les conséquences dépassent le consommateur individuel. Les faux avis créent une distorsion massive de marché : les produits de qualité inférieure bénéficient d'une visibilité indue, tandis que les offres légitimes sont pénalisées. Ce phénomène touche particulièrement les plateformes comme Amazon, TripAdvisor ou l'écosystème Google. L'IA générative a encore abaissé la barrière à l'entrée : des fermes automatisées génèrent désormais des milliers d'avis ultra-réalistes et localisés pour un coût dérisoire.

Cas d'entreprise — Netflix

Netflix a perdu 33 millions de dollars en résiliations d'abonnements suite à des campagnes de désinformation ciblées, illustrant l'impact direct sur les revenus récurrents.

Source : Baruchin R., 2024 Brand Crisis Round-Up, Cyabra

Deepfakes : 11 milliards de dollars et une croissance de 32 % par an

Les fraudes facilitées par l'IA générative représentent un changement de nature pour les entreprises. Le clonage vocal et visuel, autrefois réservé à des acteurs étatiques sophistiqués, est aujourd'hui accessible pour quelques dizaines d'euros. L'attaquant ne se contente plus d'un e-mail imitant les pratiques d'un dirigeant : il peut cloner une voix, un visage, simuler une visioconférence complète.

L'étude estime le coût de ces attaques à 11 milliards de dollars en 2024. Les projections du Deloitte Center for Financial Services sont encore plus alarmantes : les pertes liées aux deepfakes pourraient atteindre 40 milliards de dollars aux seuls États-Unis d'ici 2027, soit une croissance annuelle composée de 32 %.

Cas d'entreprise — Arup

Le cabinet d'ingénierie Arup a été victime d'un deepfake de son directeur financier lors d'une visioconférence. Perte : 25 millions de dollars. Ce n'était pas un accident technologique, mais une opération d'ingénierie sociale assistée par IA, calquée sur les processus financiers réels de l'entreprise.

Source : Eliott D., WEF 2025

Cas d'entreprise — Eli Lilly

En 2022, un faux tweet publié depuis un compte piraté annonçant qu'Eli Lilly fournirait l'insuline gratuitement a fait chuter l'action de 15 milliards de dollars en une nuit, révélant la fragilité structurelle des marchés face à la désinformation.

Source : Grossman T., Truepoint, 2025

Volatilité boursière : 60 milliards de dollars de capitalisation exposée

Les pertes boursières imputables à la désinformation s'élèvent à 60 milliards de dollars selon l'actualisation de la méthodologie CHEQ/Baltimore (0,05 % de la capitalisation mondiale). Ce chiffre couvre les événements dans lesquels de fausses informations ont provoqué des mouvements boursiers anormaux.

L'épisode emblématique reste le piratage du compte Twitter d'Associated Press en avril 2013 : un faux tweet sur une explosion à la Maison-Blanche avait fait perdre 136 milliards de dollars au S&P 500 en deux minutes. Bien que l'indice ait récupéré trois minutes plus tard, cet épisode a révélé une vulnérabilité structurelle. La vitesse d'exécution des marchés et la désintermédiation des décisions d'investissement créent un terrain fertile pour les manipulations à effet quasi immédiat.

Coûts indirects non comptabilisés

L'étude ne retient pas les coûts de volatilité dans son estimation finale (les corrections de marché sont souvent transitoires). Mais pour les entreprises, ces épisodes génèrent des coûts bien réels : primes de risque accrues, réduction de la liquidité, coûts de couverture (hedging), et érosion durable de la confiance des investisseurs.

Fraudes, contrefacons et pig butchering : 51,5 milliards de dollars

Les fraudes fondées sur la désinformation représentent 18 milliards de dollars en 2024. Aux États-Unis, la Federal Trade Commission rapporte 12,5 milliards de dollars de pertes déclarées dues aux fraudes, soit une hausse de 25 % par rapport à 2023. Dans le domaine des cryptomonnaies, les arnaques dites de pig butchering — combinant manipulation affective, fausse confiance et fraude à l'investissement — ont généré 5,5 milliards de dollars de pertes. Les LLM ont révolutionné ces opérations en permettant des conversations personnalisées en temps réel, dans n'importe quelle langue.

Les contrefacons constituent un marché de 467 milliards de dollars selon l'OCDE. En appliquant un coefficient prudent de 5 % pour isoler la part attribuable à la désinformation intentionnelle, l'étude retient 28 milliards de dollars. Pour les entreprises légitimes, c'est un double préjudice : perte de parts de marché et dégradation de l'image de marque.

L'économie de la désinformation : un écosystème qui se nourrit de vos marques

La désinformation génère aussi ses propres flux financiers, souvent aux dépens des marques légitimes. Les sites de désinformation captent 2,6 milliards de dollars de revenus publicitaires par an selon NewsGuard. Des marques de premier plan financent involontairement la désinformation via la publicité programmatique, avec les amendes réglementaires qui s'accumulent : 153 millions de dollars au total en 2024 aux États-Unis, au Canada, en Australie et au Brésil.

Le cas de Meta est particulièrement révélateur : selon Reuters, la plateforme aurait généré 16,45 milliards de dollars de revenus publicitaires sur des contenus frauduleux en 2024, soit environ 10 % de ses revenus totaux. Ce modèle économique où la viralisation du faux est plus rentable que sa suppression pose un problème structurel pour les annonceurs et les marques.

Synthèse : la facture complète pour les entreprises

Risque pour l'entreprise Coût 2024 (Md$) Mécanisme d'impact Source
Faux avis en ligne 227 Distorsion concurrentielle, perte de parts de marché CHEQ/Baltimore, WEF
Pertes boursières 60 Chute de capitalisation, perte de confiance investisseurs CHEQ/Baltimore
Contrefacons 28 Perte de revenus, dégradation de marque OCDE
Fraudes (dont crypto) 18 Détournements de fonds, fraude à l'investissement FTC, Cyvers
Revenus publicitaires détournés 16 Brand safety, financement involontaire du faux Reuters
Deepfakes (fraudes IA) 11 Ingénierie sociale, fraude au président augmentée Deloitte
Pig butchering 5,5 Fraude à l'investissement crypto industrialisée Cyvers
Publicité vers sites de désinformation 2,6 Déperdition budgétaire, risque d'image NewsGuard
Total coûts financiers (sc. médian) 393,1

L'effet domino : quand la défiance des consommateurs coûte 9,8 milliards

Au-delà des pertes directes, la désinformation érode la confiance des consommateurs à grande échelle. Selon l'OCDE, seuls 39 % des citoyens font encore confiance à leur gouvernement. Cette défiance généralisée contamine les marques. Les travaux d'Allianz Research montrent qu'une baisse de confiance liée à la polarisation sociale pourrait réduire la consommation de 157 à 318 milliards de dollars aux États-Unis et en Europe à l'horizon 2027. Extrapolé à 2024, le coût de cette polarisation est estimé à 9,8 milliards de dollars.

Pour les entreprises, ce climat de défiance se traduit par des coûts de transaction plus élevés, une moindre efficacité des campagnes marketing, et une fragilisation du lien avec les clients. Les politiques de prévention (santé, environnement) deviennent aussi plus coûteuses à déployer lorsque la confiance dans les institutions s'effondre.

Le coût de la riposte : 12 à 18 milliards de dollars

Le marché mondial du Digital Trust & Safety est évalué à 118,7 milliards de dollars en 2024 (Grand View Research). L'étude estime que 10 à 15 % de ce marché — soit 12 à 18 milliards de dollars — est directement consacré à la lutte contre la désinformation. Cet investissement couvre la veille et la détection, la vérification des faits, les technologies d'authentification de contenu, la formation des collaborateurs, et la résilience organisationnelle (plans de gestion de crise, assurance réputation).

La désinformation, c'est l'ennemi de la prévention. Et sans prévention, comme pour le risque climatique, le risque informationnel pourrait devenir systémique. — Ziad Gebran, Group Head of PR, Reputation and Communication, AXA

Méthodologie et sources

L'étude Sopra Steria repose sur une méthodologie inspirée du GIEC, supervisée par un comité scientifique regroupant Clément Bénesse (mathématicien, Opsci.ai), Tiziana Assenza (économiste, Toulouse School of Economics) et Cyril Rollinde (économètre, Citizing Consulting). L'année de référence est 2024.

Trois scénarios

Conservateur (353,5 Md$), médian (393,1 Md$) et exploratoire (456,4 Md$) pour les seuls coûts financiers. Chaque scénario intègre des niveaux d'incertitude croissants.

Valeur de Shapley

Issue de la théorie des jeux coopératifs, elle répartit les coûts entre verticales (financier, social, politique) en évitant le double comptage.

Actualisation temporelle

Formule V2024 = Vt × (1+r)(2024-t) pour normaliser des données de différentes années (inflation, PIB, digitalisation).

13 sources primaires

CHEQ/Baltimore, WEF, FTC, OCDE, Deloitte, Allianz Research, NewsGuard, Cyvers, Reuters, Johns Hopkins, Grand View Research, Europa Libera, Debunk.org.

Sources : Sopra Steria, L'impact économique mondial de la désinformation — Coûts financiers, sociaux et politiques : mesurer pour mieux riposter, mars 2026 ; Sopra Steria, Rapport scientifique — L'impact économique mondial de la désinformation, mars 2026.

Comité scientifique : Clément Bénesse (Opsci.ai), Tiziana Assenza (Toulouse School of Economics), Cyril Rollinde (Citizing Consulting).

Contact étude : economicimpact@soprasteria.com

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Impossibilité de générer un FEC : quelles conséquences pour le commissaire aux comptes ?

Introduction

« Mon client utilise un ERP imposé par sa maison mère étrangère. Il est incapable de produire un FEC conforme. Que se passe-t-il en cas de contrôle fiscal ? Et quel impact sur mon rapport ? »

— Question posée à la CNCC, CNP 2025-06, Avril 2026

La question peut sembler technique, mais elle concerne un nombre considérable d'entreprises en France : toutes les filiales de groupes internationaux dont le système comptable est piloté depuis l'étranger. Le fichier des écritures comptables (FEC) est une obligation française qui n'existe pas dans la plupart des autres pays. Résultat : des entités parfaitement bien gérées se retrouvent dans l'incapacité technique de satisfaire une exigence réglementaire majeure.

La Compagnie nationale des commissaires aux comptes (CNCC) a publié en avril 2026 une note technique (CNP 2025-06) qui clarifie enfin les conséquences de cette situation sur la mission de certification. Elle apporte une grille de lecture structurante que tout commissaire aux comptes et tout directeur financier devrait connaître.

I/ Le FEC : une obligation fiscale aux sanctions lourdes

Le fichier des écritures comptables est prévu par l'article L. 47 A du Livre des procédures fiscales (LPF). Chaque contribuable doit pouvoir remettre à l'administration fiscale une copie dématérialisée de ses écritures comptables, dans un format normé défini à l'article A. 47 A-1 du LPF.

Les sanctions en cas de non-conformité sont significatives. L'amende s'élève à 5 000 euros, ou, en cas de rectification, à une majoration de 10 % des droits mis à la charge du contribuable (article 1729 D du CGI). Mais c'est le scénario le plus grave qui doit retenir l'attention : en cas de défaut total de présentation de la comptabilité, l'administration peut procéder à une évaluation d'office (article L. 74 du LPF), assortie d'une majoration pouvant atteindre 100 % des droits.

On comprend l'enjeu : il ne s'agit pas d'un simple formalisme, mais d'un risque fiscal majeur susceptible de remettre en cause la continuité d'exploitation de l'entité.

II/ Filiales de groupes étrangers : un cas fréquent de non-conformité

Le cas le plus courant est celui d'une filiale française dont l'ERP est imposé par la société mère étrangère. Le logiciel n'a pas été conçu pour répondre aux spécificités du cadre comptable français : nomenclature des comptes non conforme au Plan Comptable Général, libellés en langue étrangère, comptabilité tenue selon un référentiel étranger, absence de journal d'à-nouveaux, ou encore format de fichier incompatible.

Ces difficultés se divisent en deux grandes familles : d'une part, les problèmes liés aux règles comptables elles-mêmes (utilisation d'un plan de comptes étranger, schémas d'écritures non conformes au PCG), et d'autre part, les problèmes purement techniques (format du fichier d'export non conforme aux prescriptions de l'administration fiscale).

Cette distinction est fondamentale, car elle détermine directement la nature de la réponse du commissaire aux comptes.

III/ La distinction fondamentale : catégorie 1 vs catégorie 2

La note CNCC s'appuie sur la classification établie par l'avis technique de novembre 2015 relatif au respect des textes légaux et réglementaires. Cette classification distingue trois catégories de textes dans le cadre de la mission du commissaire aux comptes :

Classification des textes (Avis technique CNCC, Novembre 2015)

Catégorie 1 — Textes relatifs à l'établissement des comptes

Le référentiel comptable lui-même : règlements ANC, IFRS adoptés par l'UE. Leur non-respect a une incidence directe sur les comptes et relève du périmètre de certification.

Catégorie 2 — Textes non comptables à conséquences financières

Typiquement les textes fiscaux (IS, TVA, LPF). Leur non-respect peut entraîner des sanctions financières significatives ou mettre en cause la continuité d'exploitation.

Catégorie 3 — Textes sans conséquence financière significative

Textes dont le non-respect n'a ni incidence financière significative, ni impact sur la continuité d'exploitation.

La position de la CNCC est claire : l'incapacité technique de générer un FEC conforme relève de la catégorie 2. Ce n'est pas un problème comptable en soi (catégorie 1), mais un problème fiscal lié au format de transmission des écritures à l'administration. En revanche, si le logiciel étranger conduit à ne pas respecter le plan de comptes du PCG ou les schémas d'écritures prescrits par le Code de commerce, ces aspects relèvent bien de la catégorie 1 et impactent directement l'opinion sur les comptes.

IV/ Les conséquences concrètes sur la mission du commissaire aux comptes

En matière de catégorie 1 (obligations comptables)

Lorsqu'un problème de catégorie 1 est identifié — par exemple l'utilisation de comptes non prévus par le PCG, ou une comptabilisation directement en stocks sans passer par les achats —, le commissaire aux comptes demande à la direction de corriger. En cas de refus ou d'impossibilité, il apprécie le caractère significatif de l'anomalie au regard de ses seuils de signification (NEP 450) et en tire les conséquences sur son opinion.

En matière de catégorie 2 (obligations fiscales liées au FEC)

Le traitement est différent et plus nuancé. Le commissaire aux comptes doit évaluer les conséquences financières potentielles du non-respect. Concrètement, cela implique de vérifier si les sanctions fiscales possibles (amende de 5 000 euros, majoration de 10 %, voire évaluation d'office avec majoration de 100 %) sont correctement traduites dans les comptes, soit par la constitution d'une provision, soit par une information en annexe.

La probabilité de survenance est un paramètre essentiel. En l'absence de contrôle fiscal en cours, le risque reste « potentiel ». Si un contrôle est engagé, le risque devient « possible » voire « probable », ce qui modifie le traitement comptable requis. Si le commissaire aux comptes estime probable une charge fiscale supplémentaire et que la direction refuse de constituer la provision nécessaire, cela a une incidence directe sur son opinion.

Par ailleurs, indépendamment de l'aspect fiscal, si les insuffisances du système comptable informatisé sont telles qu'elles constituent une limitation aux contrôles du commissaire aux comptes, celui-ci doit en apprécier l'incidence sur l'expression de son opinion.

V/ Obligations de communication du commissaire aux comptes

Au-delà de l'impact sur l'opinion, la note CNCC rappelle les obligations de communication du commissaire aux comptes. Dès qu'un non-respect de texte légal ou réglementaire est susceptible de conduire à des anomalies significatives dans les comptes, le commissaire doit en informer les organes de direction et de surveillance (article L. 821-63 du Code de commerce, NEP 250 paragraphe 12).

Selon les circonstances, le commissaire peut également être tenu de signaler les irrégularités à la prochaine assemblée générale (article L. 821-10 alinéa 1), voire de révéler au procureur de la République les faits délictueux dont il a connaissance (article L. 821-10 alinéa 2). Pour les entités d'intérêt public ou cotées, une communication à l'AMF ou à l'ACPR peut aussi être requise.

Conclusion : un sujet à anticiper

La note CNCC apporte une clarification bienvenue dans un contexte où la numérisation des contrôles fiscaux ne cesse de s'accélérer. Pour les filiales de groupes internationaux, le message est clair : l'incapacité de générer un FEC conforme n'est pas un problème anodin. Même si elle ne relève pas directement de la certification comptable, elle expose l'entité à des risques fiscaux majeurs qui doivent être correctement appréhendés dans les comptes.

Pour les commissaires aux comptes, cette note fournit un cadre méthodologique structurant. La distinction catégorie 1 / catégorie 2 permet de traiter le sujet avec rigueur, en évaluant séparément ce qui relève du référentiel comptable et ce qui relève des obligations fiscales de format.

Enfin, pour les directeurs financiers et les DAF de filiales concernées, l'anticipation est la meilleure réponse : engager un dialogue avec la maison mère sur l'adaptation de l'ERP, consulter un expert fiscal sur le niveau de risque, et s'assurer qu'une information appropriée figure dans l'annexe des comptes. Car en matière de FEC, mieux vaut prévenir que subir une évaluation d'office.

Source
  1. CNCC, CNP 2025-06, « Impossibilité de générer un FEC : quelles sont les conséquences sur le rapport sur les comptes annuels ? », Avril 2026.
  2. Article L. 47 A du Livre des procédures fiscales.
  3. Article 1729 D du Code général des impôts.
  4. NEP 250 — Prise en compte du risque d'anomalies significatives dans les comptes résultant du non-respect de textes légaux et réglementaires.
  5. Avis technique CNCC — Le commissaire aux comptes et le respect des textes légaux et réglementaires, Novembre 2015.

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